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Le dessin comme école de la pensée ?

Depuis quelques années, les éditeurs français multiplient les collections de vulgarisation en bande dessinée, sur tous les sujets possibles. C’est une étape intéressante, mais encore fidèle à un ancien schéma : un auteur de bande dessinée est chargé de vulgariser la pensée préalablement élaborée par un expert. Le dessinateur reste un « communicant ».

Les Américains vont beaucoup plus loin. En 2014, Nick Sousanis a soutenu la première thèse (en sciences de l’éducation) rédigée et dessinée par le chercheur lui- même, dans le langage de la bande dessinée. Elle a été publiée en 2015 dans la prestigieuse Harvard Business Review. C’est un remarquable roman graphique, éblouissant sur le plan plastique, et mobilisant toutes les ressources de la pensée visuelle. Dans le prolongement des fameux ouvrages de Scott McCloud, Nick Sousanis soutient et démontre l’intérêt de « penser en bande dessinée ».

Le dessin aide à réfléchir. Il externalise la pensée. Il en fait une matière concrète qui peut être modelée, malaxée, travaillée. Il rend palpables les concepts et leurs articulations. Apprendre à dessiner avec les outils issus, non seulement des arts dessinés, mais aussi de la pensée visuelle, c’est entraîner son cerveau à la réflexion intégrative, paradoxale, synthétique et globale.

Pourquoi, alors, utilisons-nous encore si souvent le dessin pour des finalités superficielles, comme distraire ou décorer ?

Extrait adapté de « PENSER, DESSINER, REVELER – Toutes les méthodes pour accompagner les idées, les équipes et la vie par le dessin » – Etienne Appert – Editions Eyrolles.

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